Le Réveil des Eléphants
Documentaire 52 minutes
Réalisation: François Bordes et Franck Guerin
Image / Montage: François Bordes
Production: Spica
Diffuseur: Canal +
Télérama TTT
“Le Réveil des Éléphants” sur Canal+ Sport : le rugby ivoirien à la conquête du monde
Par Etienne Labrunie
Le documentaire de François Bordes et Franck Guérin conte l’épopée de l’équipe de rugby de Côte d’Ivoire, qui veut déjouer les pronostics et se qualifier pour la prochaine Coupe du monde en France. Un regard détonnant sur l’ovalie.
Pratiquer le rugby en Côte d’Ivoire ne va pas de soi. Le sport, relégué à des années-lumière du foot, espère bien profiter des exploits de son équipe nationale pour attirer plus de fans et faire de nouveaux adeptes. Les récents exploits des Éléphants, qui tentent de se qualifier pour la prochaine Coupe du monde en France en 2023, pourraient y contribuer.
Le Réveil des Éléphants, film réjouissant et très réussi signé François Bordes et Franck Guérin, raconte l’histoire de cette équipe qui rêve de renouveler l’exploit de 1995, où elle était parvenue à arracher son billet pour la plus prestigieuse compétition internationale disputée alors en Afrique du Sud.
Hitler, mon voisin.
Documentaire 65 min
Réalisation: François Bordes et Bertil Scali
Image / Montage: François Bordes
Production: Kuiv Productions
Diffuseur: Canal + / Netflix / Prime Video
Edgar Feuchtwanger, 88 ans aujourd’hui, vit en Angleterre. Mais il est né allemand et juif en 1924 et a vécu dans un immeuble bourgeois de Munich de l’âge de 5 ans jusqu’à ses 14 ans. De sa fenêtre, il pouvait apercevoir un certain Hitler, au deuxième étage, dans ses appartements luxueux du 16, Prinzregentenplatz.
C’est cette vision inédite, intime et passionnante de la montée du nazisme à travers les yeux d’un enfant juif que retrace ce documentaire. Revenu à Munich, Edgar Feuchtwanger retrouve les lieux de son enfance et raconte son histoire. Celle d’une famille juive aisée et cultivée au sein de laquelle son père, Ludwig, est un éditeur réputé et son oncle, Lion, l’écrivain le plus lu de sa génération.
A la fin de l’été 1929, un voisin peu ordinaire emménage dans l’immeuble d’en face. Hitler a 40 ans et, grâce aux droits d’auteur de Mein Kampf, a les moyens d’emménager dans un appartement de 300 mètres carrés de ce très chic quartier munichois. Et lorsqu’il est nommé chancelier, les Feuchtwanger espèrent voir ce voisin honni déménager pour Berlin… Peine perdue, Hitler adore Munich.
Enrichi d’images d’archives rares, ce documentaire est une passionnante leçon d’histoire.
Les monologues du pénis
Documentaire 42 min
Réalisation: François Bordes & Laurent Flechaire
Image / Montage: François Bordes
Production: Doc En Stock
Diffuseur: ARTE
Que signifie aujourd’hui être un homme ? Une douzaine de mâles témoignent de leur difficulté à s’inventer une nouvelle place pour comprendre les tracas de la masculinité moderne…
Fini les modèles masculins façon John Wayne ou Elvis Presley ; aujourd’hui, les icônes sont androgynes. Les hommes sont d’autant plus perdus qu’ils sont d’accord avec les revendications féministes. Pour comprendre les tracas de la masculinité moderne, les réalisateurs ont écouté une douzaine d’hommes de 29 à 53 ans, issus de tous milieux et de toutes origines : un bûcheron, un ultrabranché, un chauffeur de taxi… À partir de leurs récits, ils ont retracé les différentes étapes de la vie d’un homme : sa construction en référence à un modèle, la naissance du désir, le sexe, la vie à deux, la paternité, la séparation… Où il apparaît que les hommes ont aujourd’hui du mal à définir leur masculinité et à être fiers de ce qu’ils sont. Objets de toutes les critiques, on les trouve toujours soit trop durs, soit trop mous ! Tiraillés entre l’injonction de s’adoucir et la tentation de se durcir, ils doivent se réinventer pour retrouver la sérénité. Après la guerre des sexes, une nouvelle aventure commence.
La Police et Sarko
Documentaire 42 min
Réalisation: François Bordes & Jean-Michel Décugis
Image / Montage: François Bordes
Production: Doc En Stock
Diffuseur: ARTE
Sarkozy pensait pouvoir compter sur la police. Mais le 23 mars, à Melun, lors de la cérémonie en hommage à Jean-Serge Nerin, brigadier-chef tué par l’ETA, une dizaine de policiers en civil tournent le dos au chef de l’État lorsque celui-ci prend la parole. Un geste qui peut leur valoir une révocation. Cette scène témoigne du malaise grandissant entre les flics et Sarkozy, sujet de l’enquête de Jean-Michel Décugis et François Bordes.
Les deux journalistes sont allés à la rencontre de gardiens de la paix pour prendre le pouls de l’institution. Résultat : des flics désarmés et désabusés face à leurs conditions de travail et le climat délétère qui les entoure.
Entre un discours gouvernemental qui prône la tolérance zéro et des notes de service stipulant de ne pas envenimer la situation, les flics ne savent plus à qui s’en tenir. Et ne cachent pas leur incompréhension.
Le film révèle le profond désarroi de ces flics envoyés sur le front sans réelle connaissance du terrain. 80 % des nouveaux gardiens de la paix atterrissent en banlieue parisienne alors qu’ils viennent de province. Certains en viennent à se radicaliser :« Aux voyous, il faut répondre comme des voyous », lâche un des témoins.
Comme si, réduite à faire du chiffre ou à des opérations coup de poing, la police ne parvenait plus à retrouver sa mission : assurer la sécurité de tous.
par Orlando Fernandes
Amour et choucroute ou l’art du réchauffé
Documentaire 52 min
Réalisation: François Bordes & Laurent Flechaire
Image / Montage: François Bordes
Production: Kuiv Productions
Diffuseur: Canal + / Planète +
Ils se souviennent de tout, elles n’ont rien oublié. Pascal montre les arbres du jardin du Luxembourg – surtout celui « où il fallait faire -gaffe, avant l’espace à découvert » -, derrière lesquels il se cachait pour observer Marie-Hélène. C’était en 1952, ils étaient en CM2. Françoise retrouve le toit sur lequel était juché Jacky lors de leur premier regard adolescent, en 1973. Valérie pénètre comme si c’était la veille dans le bar où Didier jouait au baby-foot il y a quinze ans. Trois amours de jeunesse. Rien que de très banal dans ces débuts d’histoires qui « finissent mal en général ».
Mais celles-là sont particulières. Car ces souvenirs que chacun garde enfouis ont ici eu raison du temps qui passe. La prime à Pascal, qui les a vus resurgir quarante-deux ans plus tard aussi vivaces qu’au « Luco ». Il n’avait alors revu Marie-Hélène qu’au moment du bac. Elle était « beaucoup trop belle », il n’avait pu sortir un mot, sauf pour se traiter de « con ». Plusieurs mariages et quelques décennies plus tard, ils se sont retrouvés par hasard, et ont rattrapé le temps perdu.
Les souvenirs de Valérie ont résisté au temps, mais aussi aux maladresses. Celles de Didier, qui lui promit jadis une soirée foot – première rupture -, puis lui tendit des années plus tard une carte de visite professionnelle, en raison de la présence d’une autre femme chez lui. Nouvelles retrouvailles, nouvelle rupture. La troisième fois sera la bonne.
Jacky était maçon, Françoise étudiante. « Sur le plan culturel, intellectuel, il y a beaucoup de choses qu’on ne partageait pas », se souvient-elle. Vingt-trois ans plus tard, elle était enfin « prête à l’accueillir ». Un rendez-vous sur un parking, et ce fut le coup de foudre. Pour le même, mais pour de bon.
L’affaire du Lord Shaftesbury
Documentaire 52 min
Réalisation: François Bordes & Laurent Flechaire
Image / Montage: François Bordes
Production: Doc En Stock
Diffuseur: 13ème Rue
Jamila Shaftesbury a-t-elle fait tuer son mari le jour de leur second anniversaire de mariage ? Lui, riche Lord britannique oisif, échoué sur la Côte d’Azur, elle,
née Jamila M’Barek, croqueuse d’hommes, issue d’une famille pauvre émigrée en France. Lui, voulait refaire sa vie avec une escort-girl dont il s’était épris dans un bar à hôtesses cannois ; elle, a vu son mari lui échapper avec cette nouvelle conquête.
Aux Assises d’Aix en Provence, ce film suit, aux côtés de tous les protagonistes, le procès en appel de Jamila. Lors de son premier procès d’Assises, elle a été condamnée à 25 ans de réclusion pour avoir fomenté cet assassinat et l’avoir fait exécuter par son frère.
Quelle va être l’issue de ce procès en appel ? C’ est une des dimensions «dramatiques» de ce film construit comme un polar.
1 casse pour 2
Documentaire 52 min
Réalisation: François Bordes & Laurent Flechaire
Image / Montage: François Bordes
Production: Doc En Stock
Diffuseur: 13ème Rue
Marseille, un jour de février 1987. Deux hommes vont s’affronter. Deux flics de haut rang que tout oppose. Le premier est Marseillais : le commissaire N Guyen Van Loc (dit « Le Chinois ») ; le second est Parisien : le commissaire Broussard (tombeur de Mesrine). Tous les deux sont des spécialistes des coups durs, et sont, ce jour-là, à l’extérieur d’une banque dans laquelle a lieu un braquage.
A l’intérieur, 23 otages sont retenus par une bande de malfaiteurs chevronnés qui semblent se jouer des 300 policiers qui les encerclent. Car les malfaiteurs ont un plan. Une stratégie imparable qui semble sortie d’un scénario de film. Une stratégie que vont comprendre les 2 grands policiers… mais trop tard.
Transports Amoureux
Documentaire 52 min
Réalisation: François Bordes & Laurent Flechaire
Image: François Bordes
Production: Kuiv Productions
Diffuseur: Canal + / Planète +
![]()
Voilà un documentaire qui s’intéresse aux passeurs de petites annonces, pas n’importe lesquelles : celles que publie Libération dans la rubrique «Transport amoureux». Ces «regards croisés», «sourires échangés» sur le quai d’une gare, dans un bus, dans un train… De ces conversations qui n’ont pas eu lieu, de ces cafés que l’on n’a pas proposé de boire ensemble, reste un goût sucré qui titille l’imagination. «Il avait des mocassins sans chaussettes… ça lui allait bien, raconte une jeune femme face à la caméra. Ça correspondait à ce qu’il pouvait être… Ça me plaisait comment il était.»
Ces passeurs d’annonces qui glissent un peu de leur intimité entre nos pages, qui préfèrent «rêver leur vie», au moins l’espace d’un message, difficile de les voir sans un a priori positif, un attachement. Laurent Fléchaire et François Bordes, les réalisateurs de ce documentaire primé la semaine dernière au festival Cinérail, se sont eux aussi laissé séduire. Mais en évitant très justement le travers mièvre, le roman fleur bleue, la recherche de ceux «qui se sont retrouvés et vivent un bel amour». Car, comme leur dit Emmanuelle, 21 ans, «fan» de petites annonces, l’important n’est pas que les gens se retrouvent.
L’important, ce sont ces pieds nus dans les mocassins, ce pull beige «parce que j’adore le beige», indices quasi inexistants qui narguent la raison pour devenir les fils d’une histoire. Ces histoires, les réalisateurs les déroulent avec tact et humour. On suit Frédéric, Delphine, Cécile et huit autres «passeurs d’annonces» le long de leurs scénarios fantasmés. On absorbe leurs espoirs, leurs attentes «insensées» derrière le combiné. On pourrait les trouver dingues, naïfs, lunatiques. On sait que s’ils rêvent autant, c’est qu’ils ne sont que trop conscients. «Une histoire d’amour, pour exister, doit s’inscrire dans une réalité sociale, un contexte concret, dit Cécile à la fin. Donc je ne passerai plus d’annonces. Quoique…»
